Hommage à Richard Godbout (1967-2014)

Richard Godbout, artiste peintre du Québec (1967-2014)

Sa vie

Originaire de Québec, Richard Godbout, est né en juillet 1967. Son attrait pour l’art s’est développé très tôt dans sa vie. Il débute des cours en céramique à l’âge de douze ans. Pendant cinq ans, il passe tout son temps libre avec la rigueur de la technique du tournage. Il produit de magnifiques pièces en céramique qu’il vend dans la province. Il poursuit avec l’apprentissage de la sculpture et du modélisme pour finalement abandonner cet art qu’il aime tant, notamment à cause de la poussière inhérente à la pratique.

Parallèlement, pendant ce temps-là, des études techniques le mènent en ingénierie. Il travaille en tant que dessinateur-contremaître et surveillant de chantier pendant quelques années. En 1998, à 31 ans, contraint d’abandonner son travail à cause de la poussière des chantiers, il se dédie complètement à la peinture à l’huile, travaillée au couteau et au pinceau. Richard Godbout souffre de la fibrose kystique depuis sa naissance. Cette maladie héréditaire génétique laisse une empreinte saisissante dans la peinture de l’artiste en la présence notable de cieux tourmentés dans des compositions d’étés, d’hivers, de scènes de mer, de scènes urbaines et rurales.

Richard Godbout

Ses premières expositions ont lieu en 2004, près de Québec. En 2005, il expose dans des galeries d’art et dans des expositions collectives. Il se fait également connaître par sa présence dans de nombreux symposiums de peinture, notamment près de Sherbrooke au profit de l’association québécoise de la fibrose kystique; un organisme dont la cause lui tient tout particulièrement à cœur et qui lui consacrera, en mars 2008, un article dans leur bulletin sur une exposition virtuelle intitulée « Quand le combat devient un art », une exposition dédiée à son frère, François Godbout, décédé de la maladie à l’âge de 8 ans, dont les toiles ont été vendues pour amasser des fonds pour financer la recherche sur la fibrose kystique.

La vie artistique de Richard Godbout s’alimente en expositions dans divers lieux de diffusion au Québec et au Nouveau-Brunswick : galeries, lieux privés, lieux publics et lieux en plein air. Ses expositions sont d’autant de prétextes à rendre les rencontres mémorables; chaque échange laisse une trace indélébile. Richard Godbout est un homme apprécié de tous.

Malgré la maladie, il enseigne sa technique particulière, à raison de deux ateliers par semaine. Sous oxygène de façon permanente depuis 2009, il mène de front une dizaine d’expositions annuellement et l’enseignement. Il est en attente décisionnelle pour une greffe bipulmonaire qu’il recevra, finalement, en avril 2012. Entre temps, il se fait connaître hors des frontières canadiennes, notamment au Guatemala, grâce au concours de l’une de ses amies artistes, Line Desrochers, avec qui il partage son atelier et qui deviendra, par la suite, galeriste. Jean-Pierre Sagala le fera également connaître hors des frontières du pays, notamment en Europe, par des reproductions et des produits dérivés de ses œuvres.

En 2012, ses activités artistiques sont temporairement mises de côté suite à sa greffe. Il profite de sa convalescence pour réfléchir à ses prochaines expositions car il est décidé à poursuivre sa carrière, malgré les obstacles de la vie.

En 2013, il fait un retour sur la scène des arts visuels en établissant son atelier à Donnacona, à trente minutes de Québec, dans un environnement plus tranquille. Il prend la vie au jour le jour, savourant chaque instant qui passe. Il expose une partie de l’hiver à Beauport et prépare tranquillement une exposition personnelle, prévue pour l’automne de la même année à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, près de Québec, grâce à Line Desrochers, précieuse amie qui a tout organisé pour lui.

Richard Godbout

Son art

Au cours de sa carrière, Richard Godbout a côtoyé plusieurs centaines d’artistes qui ont été les premiers à être marqués par son sourire, sa gentillesse, sa joie de vivre, sa simplicité et sa générosité. Des traits de caractère qui se retrouvent tout naturellement dans sa peinture, fondamentalement optimiste, exprimant la joie et la beauté de la vie. Les couleurs généreuses sont soulignées par un éclat, une luminosité paisible – superbe – la même qu’on a toujours retrouvé chez l’artiste. C’est à partir de photos que Richard Godbout travaille, réorganisant la composition en créant une scène plus riche, plus rythmée, plus dynamique où aucun détail n’est laissé au hasard, où aucun élément n’est superflu, où aucun espace n’est vide de sens. Pour chaque œuvre, l’artiste imagine le sujet dans son résultat final avant de débuter le travail. Il n’y a donc pas de spontanéité dans ses gestes, mais plutôt une fine maturation du sujet qui s’organise à chaque coup de couteau ou de pinceau. L’élaboration prend forme, telle que l’artiste l’avait conçue dans son esprit avant même de l’avoir débutée sur la toile. Sa technique est unique de par le mouvement de son couteau et de son pinceau, spécifique à la gestuelle de Richard Godbout. L’émotion est transmise par l’application de couleurs vives, pures – mélangées légèrement – et puissantes. Ses œuvres célèbrent la vie, dans ce qu’il y a de meilleur. Elles sont un heureux dosage de bonne humeur, de positivisme, d’humour et de persévérance.

Pendant toute sa carrière, l’idée de pouvoir un jour exécuter l’œuvre monumentale de sa vie ne l’a jamais quittée. Un rêve qu’il a caressé et qu’il l’a toujours poussé plus loin dans son art.

« La vie est belle ! » a confié l’artiste, le 20 décembre 2013, alors qu’il était au plus mal physiquement. C’est peut-être en cela l’œuvre monumentale de sa vie : avoir su créer de la magie dans chaque rencontre et de laisser l’impression d’avoir changé à son contact; d’être devenu meilleur, grâce à lui.

Richard Godbout a été membre de plusieurs affiliations professionnelles au Québec. Il a également été le fondateur du Symposium de l’ACAS (Association des créateurs et artisans de Sillery, aujourd’hui appelée l’Association Pluri-arts de Québec).

« Notre vie était concentrée sur lui. On était fier de lui, tellement il était talentueux. On aurait aimé le garder plus longtemps » témoignait Madame Hélèna Aubin, sa mère, le matin du 28 décembre 2013, quelques jours avant son décès. « Richard était toute notre vie ! »

Sa prose

Richard Godbout était aussi poète à ses heures. Il laisse derrière lui quelques textes poétiques inédits tel que, Le Pic-Nic :

« Souvent le dimanche avec la couverture sur l’herbe; couverture toujours trop petite avec le combat des fourmis contre nous, le magnifique panier plein à craquer de ses surprises à manger nous renversait avec lui.

Maman dans sa robe imprimée à grosses fleurs colorées sur fond blanc, savourait ces moments. Papa, lui, semblait ailleurs. Il devait avoir un projet inconnu à ce moment-là.

Les enfants s’amusaient follement en se roulant dans le gazon frais coupé et odoriférant. Maman allait encore frotter les taches. Marie venait encore de se faire piquer par une abeille, près du grand chêne, cette fois-ci.

Grand chêne, qui nous abritait de son port qui touche les nuages blancs; grand chêne qui nous a toujours protégé des caprices de la nature, mis à part les glands qui nous tombaient sur le crâne à l’occasion.

Le soleil nous laissait devant cette boule de feu éphémère et d’un rouge orangé teinté de violet sur son pourtour sublime. Ce spectacle est imprimé dans nos têtes, pour nous rappeler que ces moments sont immuables à jamais ».

Richard Godbout

Son hommage

Cet hommage a été préparé antemortem selon les dernières volontés de Richard Godbout et de ses parents et publié postmortem. Richard tenait, plus que tout, à remercier tous ceux qui l’ont aidé.

Richard Godbout avait passé la soirée du 24 et la journée du 25 décembre chez ses parents. Selon ses désirs, il avait cessé toute forme de médication, le 27 décembre, à son retour à l’hôpital. Il s’est éteint à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, le 4 janvier 2014, à l’âge de 46 ans et 5 mois.

Ses parents recevront la famille, les proches et les amis de l’artiste, le dimanche 19 janvier 2014, de 12h à 13h30. Un hommage sera rendu, en présence des cendres, le même jour à 13h30, au Centre funéraire du Plateau, situé au 693 avenue Nérée-Tremblay à Québec. L’inhumation se fera à une date ultérieure au cimetière Belmont où reposent déjà plusieurs personnalités célèbres.

Les messages de sympathie à la famille peuvent être envoyés au

3159, rue de Champagne
Québec (Québec)
G1W 2Y7

A l’attention de Madame Hélèna Aubin et d’André Godbout.