DÉMARCHE

TECHNIQUE

Huile sur toile, sculpture sur pierre, photographie

SON APPROCHE ARTISTIQUE

Du bout des doigts, j’anime la matière, je laisse des empreintes et dévoile au monde mes mémoires.

Dès son enfance, l’artiste était fascinée par les appareils photographiques, la transparence des acétates de couleurs, les dégradés de couleurs, la forme de objets, les illustrations, etc. Sans le savoir, elle suivait sa quête de compréhension de l’espace et de ses agencements. En étudiant l’aménagement intérieur, les arts plastiques et la communication graphique, l’artiste s’est donné la chance d’approfondir ses observations à travers la mise en place dans l’espace réel.

Pendant les quelques années comme designer graphique autonome, je profitais du temps disponible pour libérer la créativité qui m’animait à travers la photographie, le dessin, la peinture et la sculpture. Parallèlement j’ai adhéré à des organismes culturels pour faire connaître mes activités et j’ai eu le plaisir d’ouvrir la porte au marché par le biais des galeries d’art. Ce fut un dévoilement positif sur mon cheminement artistique. Responsable de cette découverte, je me suis engagée à matérialiser mes élans poétiques.

Aujourd’hui, HERMINE tente de définir l’insaisissable vitalité qui l’entoure. “Je témoigne de l’existence de l’impalpable sentiment de vivre“. L’interaction avec les émotions, la neutralité face à cette puissance empathique, la rencontre avec la souffrance et l’inquiétude sont d’autant de dimensions véhiculées dans son travail.

La matérialisation se transcrit à travers le rythme, l’équilibre des masses et des dispersions. En sculpture, je n’hésite pas à arracher, amputer, fractionner, déraciner la matière qui prend forme sous mes doigts. Je laisse courir tout en douceur des arrêtes géométrisant les formes, rappelant les caresses d’une mère aimante. En peinture, la structure varie et se fusionne au sujet ou à l’émotion qui en émerge. La fluidité des transparences des couleurs, les dégradés monochromes sont présents à travers les textures.

HERMINE cherche à imager, à transférer, à matérialiser cette sensibilité propre à notre espèce. “Je tente d’inspirer le public“, explique celle qui espère rendre possible le calme en soi par la contemplation. “J’ai la conviction de pouvoir apporter énergie, la paix et la compassion à travers mes couleurs, mes formes et mes textures.”

La sensibilité de l’artiste s’anime et s’allie à celle des autres. “Ensemble nous mettons de la lumière sur le non palpable, le sans nom présent en chacun de nous.” Quelle magnifique façon d’affranchir les mémoires vives !

DE LA TRANSMUTATION PAR L’ALLÈGEMENT

Comme n’importe quel corps qui se transforme avec l’âge, la matière à sculpter n’est pas moins soumise à cette manœuvre d’élagage: mes mains qui façonnent et qui laissent tomber toutes protubérances perturbant l’équilibre. Sous cette force de capture, les pleins devenus hiatus laissent place à ce vide où se perdent les regards dans la résurgence d’une mémoire qui sait bien ce qui manque. Malgré les enfonçures, les forures, les fractionnements et les cavités, le vide, comme une absence de ce qui était, n’existe plus réellement. C’est pourtant de ce dépouillement qu’émerge une nouvelle structure. Je dois retirer ce qui brouille la forme pour la faire apparaître. Le sujet à sculpter, dans sa métamorphose, me donne ce droit, alors rien ne sert d’être timide quand il faut alléger le poids de l’être.

Soumises à mes doigts, la matière se laisse pétrir jusqu’à l’embrasement métamorphique d’une pensée suspendue dans le monde des idées. Je peux transformer l’argile que je suis, limon de la Terre. Chaque sculpture porte en elle l’histoire de ce dépouillement dans l’attente immobile d’une opposition harmonique des bosses et des creux.

Tout part habituellement d’une image, de ce que la photographie me révèle comme échantillon de réalité primaire. Une précision se dégage de plus en plus assurée, telle une force tranquille qui n’attend de moi qu’un élan d’émergence du contenu en désir. De par mes plans picturaux, car je peins tout autant, se trouve un geste répété plus ou moins éloigné qui marque le début d’une phase transformatrice. Ces macules de couleurs, telles une histoire racontée, deviennent un moyen de délivrance. Elles redéfinissent tout, tout comme elles évoluent. Dans ce processus de transfiguration, je suis matière à transcendance. Laissant place à plus de lumière qui éclaire les failles et révèle les ombres, ces percées salvatrices d’instinct lumineux m’élèvent et m’invitent à créer, vers la fin de cette manœuvre de reconstruction, à partir d’un substrat magnifié.

Aujourd’hui, j’harmonise ce qui était en attente d’actualisation. Demain sera une nouvelle avenue, la suite évolutive de mon cheminement.

Voici ma notice :Ses œuvres se sont vues exposées dans de multiples expositions dont certaines à Paris et de nombreuses publications ont fait mention de son talent, incontestablement, Hermine est devenue une valeur canadienne de réputation internationale. Artiste interdisciplinaire, elle sculpte et peint principalement des fragments corporels et des figures animalières. Cependant, elle est également photographe, et ses photos de scènes autant paysagères qu’abstraites, nous projettent parfois dans une ambiance presque champêtre. De par la capture du détail des textures mises en relief, ses très gros plans nous plongent d’autres fois dans une quasi abstraction où la fragilité du vivant ne peut que nous émouvoir. Son art a ceci de particulier que la thématique de l’eau et des corps sont des sujets récurrents : fragments, transparence, et gouttelettes de pluie recouvrant des feuilles d’arbre tombées au sol nous rappelant l’éphémère ou un paquebot seul en mer évoquant la force d’un géant peuvent donc aussi faire office de sujets bouleversants. Pour nous un cadeau, pour elle un aboutissement, cette émotion qui nous touche est l’essence même de son œuvre.