DÉMARCHE

TECHNIQUE

Encre et techniques mixtes sur soie et peinture sur toile

Travaillé principalement au pinceau

SON APPROCHE ARTISTIQUE

Je peins sur soie parce qu’elle a su me révéler la couleur et la lumière“. L’artiste Paule Bossé peint en transparence avec des couches successives d’encres qui lui permettent de créer une illusion de profondeur dans cette magie des couleurs fondues, de la plus pure, à la plus ombragée. L’attrait pour ce médium réside également dans la précision du trait sur la surface soyeuse. Cela contribue à rendre la poésie dans une douceur du toucher et dans un remarquable éclat que seule la soie peut sublimer.

Très tôt dans sa vie, elle a dû être hospitalisée – assez longtemps pour être traumatisée, non pas par les aiguilles, mais par les couleurs abominables des lieux. “Encore aujourd’hui, j’ai souvenir de mes desserts pomme-rhubarbe aux couleurs du vieux vernis du monte-charge, des murs verts de ma chambre, de ma couchette de métal aux barreaux brun merdique… Immédiatement après, dans ma vie, crayons après crayons, couleurs après couleurs, j’ai recherché tons et images pour enjoliver ma vie et celle des autres“.

Après une carrière en technologie médicale pour assurer sa survie, elle s’est dédiée à l’art, son véritable bonheur professionnel. “J’ai vécu pour ma passion de la couleur et du dessin, pour me créer une tribune et pour colorer ma poésie”.

Après les crayons, il y a eu le fusain, la gouache, l’aquarelle, l’huile et un peu d’acrylique. Puis, la cire chaude est venue, immédiatement suivie par la révélation de la couleur transparente sur soie. “J’avais trouvé enfin ce que je cherchais“. C’est ainsi qu’ont débuté des années de recherche constante. “Le grand défi étant de trouver la façon de fixer en permanence ces éclats de couleurs obtenus, maîtriser les sertis ainsi que les montages pour la présentation et la conservation”.

De toute sa carrière en art, elle a voulu faire la différence: se démarquer, se faire une place dans le milieu des arts visuels contemporains. Paule Bossé apprend très tôt qu’on ne se fait pas une place facilement en galerie quand on choisit un support textile autre que la toile.

Originaire de Sayabec, dans la belle Matépédia, elle a vécu à Carleton, pays de la lumière, de l’eau et des montagnes. Cet environnement gaspésien si particulier influencera sa pratique artistique professionnelle future. A l’âge adulte, elle quitte la Gaspésie pour Rimouski et pour Québec, là où elle fera, finalement, l’Ecole des Beaux-Arts.

Il y a des chercheurs d’or… moi j’ai trouvé un or différent: celui de la lumière, celle venue de l’insecte et de son cocon“.

Démarche écrite par HeleneCaroline Fournier, janvier 2014