CRITIQUES

ÉCRITES SUR L’ARTISTE

L’espace de Suzanne Lavigne

HeleneCaroline Fournier

Le travail de Suzanne Lavigne a grandement évolué au cours des années. La facture de l’artiste est toujours reconnaissable du premier coup d’oeil, mais son style a changé. Ses sujets sont devenus plus épurés, utilisant l’espace comme élément primordial de composition qui sait tant parler aux contemplateurs. Des paysages en cascade aux paysages sous globes de verre, elle est passée aux paysages marqués par une plus grande dimension spatiale, voire spirituelle. Sa technique s’est adaptée à certaines contraintes physiques. Elle peint de plus en plus avec les doigts et au couteau à peindre pour mieux sentir la matière. La progression est remarquable pour qui la suit depuis des années. L’artiste, toujours inspirée par la nature, a invité dans ses paysages quelques silhouettes qui ont pris leurs marques à travers une grande sensibilité et une narration subtile, maintenant axée vers les contrées asiatiques; peut-être japonaises, peut-être chinoises. Ainsi, il n’est pas rare de saisir quelques moines bouddhistes au sein d’un paysage onirique dont l’atmosphère pousse à la méditation. Elle puise dans l’inspiration quelque chose d’intangible, mais de profondément réel à la fois. La dimension zen a intégré son travail tout en douceur, à l’image de l’artiste, en paix avec elle-même et en paix avec son art.

La critique a été publiée sur LeMonde (blog) le 10 octobre 2018 et sera publiée dans la revue d’art L’ArtZoomeur (édition janvier 2019)

Les Yeux du coeur

HeleneCaroline Fournier, critique – septembre 2013

Le regard de l’artiste est porté tantôt vers le ciel, tantôt vers la terre et l’eau. Il se pose et se repose sur ce ballet de contrastes oscillant entre chaud et froid qui émet une énergie particulière. L’élément de la vie : l’eau tonifiante et vivifiante est mise en scène aux côtés d’un élément immuable. Le Yin et le Yang sont toujours présents, comme dans la peinture chinoise traditionnelle des maîtres. La nature généreuse que peint l’artiste procure des émotions, évoque des souvenirs, met en relation avec un univers serein. Son travail, tourné vers l’imaginaire et vers l’être intérieur, pousse donc inévitablement le public à lâcher prise pour un instant et à s’oublier le temps d’une contemplation. Il en serait presque thérapeutique si l’artiste prétendait être art thérapeute… Or, c’est la spontanéité qui est à la base de l’Œuvre de cette artiste.

Sur son travail

HeleneCaroline Fournier, critique – octobre 2012
La puissance des couleurs de Suzanne Lavigne s’harmonise dans un rythme annuel soutenu. Ses oeuvres abstraites, très texturées, nous font voyager au coeur des éléments. Le travail de l’artiste nous étreint avec émotion; une émotion née des contrastes, oscillant entre chaud et froid, toujours près d’une nature abondante. Le regard s’emballe pour capter toute cette joie de vivre que l’artiste veut généreusement partager avec le public.

Émotions partagées

HeleneCaroline Fournier, critique – septembre 2011
La puissance des couleurs s’harmonise dans une suite d’acryliques et techniques mixtes sur toile et bois, accompagnés discrètement de pastels secs et estampes qui sont, quant à eux, présentés pour la première fois au public. Trois pastels secs colorés de 16 x 12 pouces qui rappellent la matrice de la genèse humaine et trois estampes abstraites de 23 x 15 pouces – sublime travail – qui portent en elles un sens mystique dans des tons monochromes aux détails perceptibles qui incitent à la découverte attentive des œuvres.

Les œuvres de l’exposition “Émotions partagées” forment une présentation rythmée d’émotions partagées entre l’ « Abondance », « La Sérénité », le « Mystère céleste » et quelques « Entrelacés » suggérés. Une belle « Éclosion automnale » avec un travail en surépaisseur texturée et adroitement mise en valeur par des couleurs juxtaposées et superposées. La maîtrise des couleurs donne d’ailleurs un cachet de sobriété qui apaise vite les ardeurs de la vie quotidienne. Le regard est porté tantôt vers le ciel, tantôt vers l’eau. Le regard se pose et se repose devant ce ballet de contrastes oscillant entre le chaud et le froid qui puisent leur source dans l’énergie positive, propre à l’artiste, et dans l’élément de la vie: l’eau… tonifiante et vivifiante. Les aurores boréales, les cascades scintillantes et la nature généreuse procurent des émotions certaines. Cette exposition, plus sobre, tournée vers l’imaginaire et plus intérieure que les précédentes, nous pousse à lâcher prise. Avec Suzanne Lavigne, femme d’émotions, qui partage assurément sa sensibilité avec le public, on découvre un univers de beauté et de paix intérieure.

Extrait de l’article du 19 septembre 2011 – HeleneCaroline Fournier, critique