Entrevue réalisée en décembre 2004 par Corinne Venet pour le compte d’ArtZoom.
Est-ce que vous pensez que l’art visuel est en perpétuelle évolution ? Avec votre expérience, avec ce que vous avez vu et vécu en tant qu’artiste-peintre, pensez-vous que l’art visuel restera « traditionnel » ou si vous pensez que l’art visuel évoluera avec la technologie dans les prochaines décennies ? Jusqu’où ira-t-on ? Jusqu’où pourrait-on dire « ceci reste de l’art » ? Y aura-t-il un moment où l’art sera dénaturé au profit de la performance informatique, selon vous ?
Une évolution vertigineuse s’imposera en art visuel. Il faudra veuiller à ce que la technologie ne prenne pas le dessus sur le traditionnel. Un équilibre doit subsister. Cependant, il est à reconnaître que l’art numérique est un plus pour l’art visuel et la diversité est enrichissante. L’art traditionnel ne sera pas dénaturé. Grâce à internet, j’ai pu constater qu’il existe à travers le monde, des artistes créateurs d’un nombre considérable d’œuvres et c’est rassurant pour l’avenir. Bien sûr, il faut se douter que les arts numériques monopoliseront dans les siècles à venir, l’univers de la créativité.
On dit souvent que les artistes sont des êtres solitaires, qu’ils sont «seuls», que ce sont des individus « à part des autres », êtes-vous de cet avis ? Vous sentez-vous seul(e) ? Etes-vous fondamentalement solitaire ? Ou avez-vous besoin de vous entourer de gens pour créer ?
Pour pouvoir me concentrer sur ce que je vais créer, il m’est indispensable d’être seule. Les artistes ne sont pas différents des autres, ils ont peut-être des points communs pour l’accomplissement de leur activité artistique comme le besoin de s’isoler pour être avec eux même afin de pouvoir exprimer leur vision du monde.
Quelle est votre source d’inspiration ? Et quelle est votre source de motivation ?
Mon inspiration résulte de questions relatives à la vie, à l’essence des choses. La motivation peut provenir de sources diverses comme peut-être la recherche de méditation. Le temps m’est également motivant, j’essaie de faire en sorte qu’il ne me devance pas afin que je puisse concrétiser mes projets.
Est-ce que votre famille a été solidaire de votre décision de « devenir » artiste ou si elle vous a découragé en disant que c’était difficile d’en vivre ? Comment s’est fait cette décision ? Quelle a été la réaction de votre famille ?
Le problème ne s’est pas posé du fait que j’ai toujours exercé une profession pour vivre et que la création artistique est un plus que je pratique par passion.
Si vous aviez un conseil à donner à un jeune artiste qui désire se lancer dans le domaine, quel conseil lui donneriez-vous ?
Je le conseillerai de ne jamais se décourager, de tout faire pour surmonter les obstacles rencontrés sur son chemin, de persévérer dans son travail, d’innover et de toujours garder l’espoir pour pouvoir atteindre son but.
Pensez-vous qu’Art Zoom a sa raison d’être dans le milieu de l’art contemporain international ? En quoi être cybermembre a été positif pour vous ? Qu’est-ce qui a changé dans votre vie d’artiste ?
Artzoom m’a été énormément positif, il me permet de travailler à distance avec des artistes sur des projets communs. C’est un collectif très démocratique où l’on peut discuter, échanger des opinions, s’informer sur tout ce qui concerne l’art.
Quand et comment vous est venu votre passion ?
Je ne saurai déterminer le quand ni définir le comment, peut-être qu’elle a toujours été là.
La création vous est-elle un processus douloureux, ou est-ce qu’au contraire, un acte libérateur ?
C’est l’acte libérateur du processus douloureux.

